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Pando

 L’être vivant qui a percé les mystères de l’immortalité !

 

Découvrez le fascinant Pando, un nom latin qui signifie « je m’étends ».

Pando est bien plus qu’un simple organisme végétal !

Pesant le poids de pas moins de 6 000 tonnes, cet organisme âgé de 80 000 ans a non seulement gagné le titre d’être l’organisme le plus lourd de la planète, mais aussi le plus ancien.

Imaginez une forêt de peupliers faux-trembles s’étendant sur 43 hectares, nichée dans le paysage pittoresque de l’Utah, aux États-Unis.

Dans le paysage nord-américain, il est courant de rencontrer des colonies de peupliers faux-trembles, mais leur étendue est généralement limitée à environ un hectare.

Cependant, Pando a défié cette norme en se développant de manière exceptionnelle sur une superficie impressionnante de 43 hectares.

 

 

Mais, est-ce un spectacle d’arbres multiples ou d’un seul ?

 

Dans le climat aride de l’Utah, où la germination des graines est un défi, ce peuplier faux-tremble a innové en adaptant son système de reproduction. Le résultat est Pando, un organisme colossal constitué de 47 000 clones génétiquement identiques et reliés par son réseau racinaire.

En effet, il s’agit d’un seul et même individu avec un patrimoine génétique commun. Pando est non seulement l’un des plus anciens êtres vivants sur Terre, mais aussi le plus grand.

La vie des arbres symbolise souvent la renaissance perpétuelle dans de nombreuses traditions à travers le monde. Mais ici, en Utah, le peuplier faux-tremble Pando incarne cette idée à une échelle gigantesque.

 

 

Les peupliers faux-trembles

 

Le tremble tire son appellation de sa capacité unique à réagir à la plus petite brise, grâce à la forme singulière de son pétiole, faisant alterner l’exposition de ses deux faces à la lumière. C’est ce qui lui permet de mener la photosynthèse sur ses deux faces, contrairement aux autres espèces qui dédient leur face inférieure à la respiration. Cette particularité accorde aux trembles d’accumuler plus d’énergie et d’atteindre un taux de croissance supérieur à celui des bouleaux.

Face à la menace de ceux qui apprécient leurs jeunes pousses tendres, les trembles adoptent une stratégie de résilience et d’abondance. Même après avoir été grignotés pendant plusieurs années par des herbivores comme les chevreuils ou les bovins, leur système racinaire continue de s’étendre lentement. De cette expansion souterraine naissent des centaines de pousses qui, avec le temps, se transforment en véritables bosquets.

En tant que pivot écosystémique, les forêts de trembles sont des havres de biodiversité accueillant un large éventail d’espèces, notamment des mésanges aux dés à coudre. Le destin de cette multitude d’espèces est intrinsèquement lié à la prospérité ou au déclin des écosystèmes de trembles.

 

 

La multiplication végétative

 

La multiplication végétative, également appelée propagation végétative ou reproduction asexuée, est un processus par lequel les plantes se multiplient sans la nécessité de la reproduction sexuée (c’est-à-dire sans graine). Dans le cas de Pando, cette multiplication se fait par l’intermédiaire d’un système racinaire souterrain partagé, appelé un rhizome. Les rhizomes se développent horizontalement sous la surface du sol, puis produisent de nouvelles tiges et racines à intervalles réguliers. Chaque tige qui émerge du sol devient un tronc de faux-tremble qui, bien qu’apparemment indépendant, est en réalité génétiquement identique à tous les autres troncs de la colonie.

 

Quand une partie de la colonie est endommagée ou meurt, le système de rhizomes souterrains de Pando peut envoyer des nutriments à la zone touchée et la faire repousser. Cela permet à la colonie de se maintenir même en présence de maladies, de ravageurs ou de conditions environnementales défavorables.

 

Sa longévité incroyable est en grande partie due à sa capacité à se multiplier de manière végétative, ce qui lui permet de se régénérer continuellement et de survivre à travers les âges.

 

Toutefois, la survie future de Pando n’est pas assurée. La colonie a du mal à se régénérer aussi efficacement qu’auparavant.

 

 

L’influence de l’Homme menace la survie de cet organisme exceptionnel.

 

Dans une enquête dirigée par le scientifique Paul Rogers, il a été observé un déclin alarmant de la forêt, avec 80 % d’entre elle en phase de dépérissement. Rogers et son équipe ont souligné un phénomène particulier : l’écart grandissant entre les cimes des arbres, indiquant un manque de renouvellement naturel où les arbres défunts ne sont pas remplacés par une nouvelle génération.

 

Qu’est-ce qui a engendré cette mutation forestière ?

 

Les scientifiques sont convaincus de la cause principale. L’empreinte humaine est clairement identifiable.

En effet, l’éradication par l’homme des prédateurs naturels des herbivores, tels que les loups et les cougars, prédateurs naturels, ainsi que l’interdiction de la chasse au cerf, a conduit à une prolifération de ces derniers.

Au fil des vingt dernières années, les cerfs et les bovins ont consciencieusement brouté chaque jeune pousse émergeant du sol dans la forêt de Pando.

Aujourd’hui, tristement, cette forêt n’est plus qu’un assemblage de vieux arbres déclinants, dépourvue de toute nouvelle génération prête à reprendre le flambeau.

Les effets de cette situation sont concrets, laissant un vide inquiétant dans la dynamique naturelle de cet écosystème. Les arbres, autrefois robustes et vigoureux, montrent maintenant des signes de fatigue et de sénescence, leur majesté estompée par l’absence de jeunes pousses prometteuses. La forêt de Pando, autrefois vibrante de renouveau, est maintenant plongée dans une mélancolie silencieuse, témoignant du besoin urgent d’intervention pour restaurer son équilibre et préserver la pérennité de ce précieux écosystème.

 

Pour remédier à cette situation, ils proposent de renforcer les barrières de protection autour de Pando et/ou de mettre en place une régulation de la population cervidée.

Car l’incapacité à renouveler à long terme les populations de ces arbres pourrait provoquer des répercussions en cascade sur des centaines d’espèces qui y sont associées.

 

 

La voix de Pando

 

Un groupe d’artistes s’est uni pour rendre un hommage grandiose à ce géant de la nature, en créant un « portrait acoustique » exceptionnel, une symphonie inspirée des murmures émanant des profondeurs de son système racinaire présentée sous le titre évocateur « Sous l’arbre : les sons d’un géant tremblant ». Ce n’est pas seulement une fantaisie artistique, mais une précieuse source d’informations pour percer les mystères du complexe système hydraulique dissimulé à l’intérieur.

 

Jeff Rice, artiste sonore et membre dévoué de ce groupe, proclame avec conviction : « Pando défie notre compréhension fondamentale du monde ». Il a créé un portrait acoustique unique en son genre pour cet imposant peuplier. Intitulé « Sous l’arbre : les sons d’un géant tremblant », ce portrait a été présenté lors de la 184e réunion de l’Acoustical Society of America à Chicago.

 

« Les sons sont beaux et intéressants, mais d’un point de vue pratique, ils peuvent être utilisés pour documenter la santé d’un environnement », explique Rice. Selon lui, ces sons fournissent de précieuses informations sur la biodiversité locale et servent de référence pour étudier les changements environnementaux autour de Pando.

 

Pour réaliser ce portrait unique, Rice a placé un hydrophone dans une cavité à la base d’une des tiges de Pando, un point stratégique entre la tige et la racine. Il souligne que les hydrophones ne sont pas seulement destinés à être utilisés sous l’eau, mais sont également capables de détecter les vibrations à la surface, comme celles émises par les racines.

 

Ce qu’a entendu Rice a dépassé toutes ses attentes et l’a profondément fasciné. Les sons enregistrés seraient le résultat du frottement entre les milliards de feuilles de l’arbre. Ces frottements créent des ondes qui font vibrer l’arbre, se propageant à travers les milliers de tiges jusqu’aux profondeurs du sol via les racines.

 

Rice et son équipe ont également entendu un bruit sourd provenant d’une branche, similaire aux tapotements effectués sur la première branche. Les chercheurs émettent l’hypothèse que les sons se propagent à travers l’arbre à la manière d’un téléphone à ficelle, ce jeu d’enfance où deux boîtes de conserve sont reliées par une ficelle pour communiquer à distance. Dans le cas de Pando, les racines seraient les « ficelles » par lesquelles les « conversations » se propagent, et chaque branche serait l’un des terminaux.

 

Cette découverte met en évidence l’interconnexion du vaste réseau racinaire de Pando et ouvre de vastes perspectives pour de futures études scientifiques. L’association envisage bientôt d’utiliser les données acoustiques pour cartographier le réseau racinaire de l’arbre, afin d’étudier la dynamique hydraulique à l’intérieur de cet organisme unique, ainsi que les liens entre les branches et les colonies d’insectes vivant à l’intérieur et autour de ce géant des peupliers.

 

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