Storydoing
Du storytelling au storydoing ou comment réinventer la communication dans le paysage
Il fut un temps où raconter une belle histoire suffisait pour capter l’attention. Décrire l’atmosphère d’un jardin, évoquer la beauté d’un aménagement, et poser quelques mots poétiques sur la transformation d’un lieu… Ça fonctionnait. Aujourd’hui, ce temps est révolu. Nous sommes saturés de récits et de belles images, les clients ne veulent plus seulement entendre des histoires, ils veulent les vivre et les co-créer.
Pour les entreprises du paysage, cette évolution ouvre la voie à une nouvelle manière de communiquer : le storydoing. Et, ce n'est pas un simple effet de mode, cette approche transforme radicalement la relation client. Elle place l’expérience, la preuve et la collaboration au cœur des projets.
Prooftelling, prouver plutôt que raconter
Nous vivons dans une époque de scepticisme. Face à la surabondance d’images retouchées et de discours marketing bien ficelés, les clients ne se laissent plus séduire par de simples mots. Ils veulent des preuves. C’est tout l’enjeu du prooftelling ! raconter son savoir-faire par l’évidence !!!
Concrètement, cela signifie :
Partager des études de cas détaillées.
Présenter des chiffres concrets sur l’impact écologique d’un projet.
Publier des témoignages authentiques de clients.
Montrer l’évolution d’un chantier à travers des photos avant/après.
Prouver, c’est créer la confiance. Et dans un métier aussi ancré dans le vivant que le paysage, les preuves valent mille récits.
Storyliving, une expérience à faire vivre
Mais prouver ne suffit plus. Les clients ne veulent pas seulement voir, ils veulent ressentir. Le storyliving transforme la relation client en expérience immersive.
Comment l’appliquer dans une entreprise de paysage ?
Inviter les clients sur les chantiers pour voir les coulisses d’un projet en cours.
Organiser des ateliers autour des matériaux ou des plantations.
Proposer des conceptions plus vraies, que nature ! des visualisations 3D ou des simulations de jardins avec la réalité augmentée.
Un client qui touche, expérimente et se projette devient acteur du projet. Il s’attache à son jardin avant même qu’il ne prenne vie. Et cet attachement émotionnel fait toute la différence.
Storymaking, co-créer plutôt que livrer
Le summum de cette transformation, c’est le storymaking. Il ne s’agit plus seulement de faire vivre une expérience, mais d’impliquer directement le client dans la création.
Ça peut se traduire par :
Des outils collaboratifs en ligne pour échanger sur les inspirations.
Des sondages pour choisir certaines essences ou matériaux.
Des ateliers participatifs pour planter ensemble les premières vivaces ou semer les prairies fleuries.
Dans cette logique, le paysagiste devient un guide, pas seulement un prestataire. Le jardin devient le fruit d’une rencontre, d’une histoire collective. Et cette co-création crée un lien bien plus fort que n’importe quel récit préfabriqué.
Pourquoi adopter le storydoing aujourd’hui ?
Au-delà de la stratégie de communication, cette approche répond à une attente profonde des clients : se sentir impliqués, écoutés et connectés à leur environnement.
Elle permet aussi de se différencier sur un marché où les belles images ne suffisent plus. Un jardin que l’on a vécu et co-créé, on en parle autour de soi. On le montre. On en devient ambassadeur.
Comment se lancer ?
Adopter le storydoing ne signifie pas tout révolutionner du jour au lendemain. Cela commence par des gestes simples :
Raconter ses projets à travers des chiffres, des témoignages et des coulisses.
Ouvrir ses chantiers aux clients, même brièvement.
Créer des moments de rencontre, avant, pendant et après la réalisation.
Utiliser des outils collaboratifs pour intégrer les clients dans le processus de création.
Vers une nouvelle forme de paysage
Le paysage est vivant. Il se transforme, grandit, évolue avec le temps. Il mérite des récits à son image : ouverts, partagés, ancrés dans l’expérience humaine.
En passant du storytelling au storydoing, les entreprises du paysage ne se contentent plus de vendre des aménagements. Elles tissent des histoires communes, celles que l’on vit ensemble, et que l’on continue à raconter longtemps après que la dernière plante a été mise en terre !